« Toutes les cotisations et droits d'adhésion sont intégralement réinvestis dans les missions d'intérêt général de l'association. Les interventions archéologiques menées par l'AMMV sur le site du Monastier sont conduites dans le respect strict des autorisations administratives et des principes de l'archéologie conservatoire. Aucun mobilier découvert ne fait l'objet de transaction commerciale : chaque pièce demeure un bien public inaliénable du patrimoine ardéchois. »
Le 12 mars 2026, au cours d'une opération programmée de purge végétale et de consolidation d'urgence de la culée sud de l'abside du Monastier, une équipe de six bénévoles dirigée par le comité scientifique de l'AMMV a identifié une anomalie pierreuse dans la couche d'éboulis stratigraphique US 104.
Après arrêt immédiat des outils manuels et mise en œuvre du dégagement minutieux à la spatule en buis et au pinceau soyeux, un bloc sculpté s'est révélé, pris dans une matrice de mortier friable et d'humus calcaire. Le bloc mesure 38 cm de largeur à la base, 32 cm de hauteur conservée et 29 cm de profondeur.
La face antérieure présente un décor sculpté en bas-relief d'une rare élégance : deux corbeilles d'acanthe stylisée s'évasant vers des volutes d'angle, reliées par un entrelacs cordiforme typique de la sculpture romane rhodanienne du milieu du XIIe siècle.
Dès son exhumation, le chapiteau a fait l'objet d'un protocole sanitaire standardisé conçu pour préserver la pellicule de calcin et empêcher toute fissuration liée à une désorption hydrique trop brutale :
Prise de 72 clichés stéréoscopiques avant tout déplacement pour figer les coordonnées géoréférencées au millimètre près dans le système topographique de la commune.
Emballage sous voile de coton non tissé et film micro-aéré, transport dans un berceau amorti jusqu'au laboratoire temporaire du Musée Médiéval de Vagnas.
Compresses d'eau déminéralisée et de pulpe de cellulose pour extraire les nitrates résiduels sans altérer les traces éventuelles de polychromie médiévale.
Les premières comparaisons stylistiques esquissées avec les sculptures de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers et de l'abbatiale de Cruas suggèrent la présence d'un atelier itinérant de sculpteurs ayant officié le long des voies de communication du Vivarais méridional sous l'autorité spirituelle de l'ordre de Saint-Benoît.
Le soin apporté au traitement des nervures des feuilles d'acanthe témoigne de la prospérité relative du prieuré du Monastier à cette époque, attestant que Vagnas n'était pas un simple isolat rural, mais une halte monastique pourvue de moyens suffisants pour rémunérer des maîtres artisans chevronnés.
Ce chef-d'œuvre lapidaire sera présenté en permanence dans la galerie romane du Musée Médiéval à compter de la prochaine saison estivale. Les visiteurs pourront le contempler sous un éclairage rasant révélant chaque coup de gouge laissé par le tailleur médiéval il y a près de neuf cents ans.
Les découvertes archéologiques nécessitent des moyens réguliers en matériel de protection, en produits de conservation et en outillage de précision.